Comment sont fabriquées les fenêtres en bois ?

Depuis l’époque du Moyen Age et jusqu’au XIXe siècle, le bois était le matériau quasiment exclusif pour la fabrication des huisseries.

La technique de la menuiserie s’est affinée au fil des âges et de l’évolution des fenêtres : les simples carreaux fixés dans un cadre en bois du début du Moyen Age deviennent quelques siècles plus tard des menuiseries esthétiques et sophistiquées à fermeture mouton et gueule de loup avec des traverses, croisillons et parcloses. Par la suite, des fenêtres à fermeture avec crémone encastrée dites « à frappe » font leur apparition puis s’équipent de double vitrage. 

Aujourd’hui, les techniques de la menuiserie bois se sont perfectionnées pour aboutir à un savant mélange entre savoir-faire traditionnel et innovation technologique. Ainsi, le bois permet de fabriquer des fenêtres performantes en termes d’isolation phonique et thermique tout en conservant l’esthétique et le charme des fenêtres à l’ancienne

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Les différents éléments composant la fenêtre

La fenêtre moderne telle que nous nous la représentons est composée :

  1. D’un cadre qui sera fixé au mur appelé bâti ou dormant
  2. De deux battants mobiles qui permettront d’ouvrir et de fermer la fenêtre appelés ouvrants et équipés de vitrage (en général du double-vitrage)

Il existe deux types de fermeture : le verrouillage par poignée moderne avec crémone encastrée comme la gamme de fenêtre en bois contemporaine Estibelle ou la fermeture par mouton et gueule de loup, héritage de la menuiserie traditionnelle très prisée dans la rénovation de bâti ancien ou de bâtiment classé. Les menuiseries à fermeture mouton et gueule de loup sont verrouillées par une crémone ou une espagnolette (voir gamme de fenêtre en bois à l’ancienne Tradilou). 

Les étapes de la fabrication d'une fenêtre en bois sur-mesure​

Chêne-la-fenêtre-française-2

La matière première : le bois.

Nous utilisons des barres de bois sous la forme de carrelés lamellés collés 3 plis. Ce mode de fabrication associe par collage 3 lamelles de bois. Il permet d’assurer la stabilité du matériau, de renforcer sa résistance mécanique et sa résistance à la chaleur pour une meilleure durabilité de la fenêtre.

La première étape de fabrication consiste à réaliser les montants (pièces verticales) et les traverses (pièces horizontales) du dormant et des ouvrants. Pour cela, les grandes barres de bois sont coupées à la bonne longueur sur une machine appelée opticut. Une fois débités, on regroupe d’un côté les montants et traverses du dormant et de l’autre les montants et traverses des ouvrants.

Ces pièces vont suivre différentes étapes d’usinage selon les formes et profils désirés.

Les montants et traverses du dormant sont assemblés de façon mécanique (avec vis) pour constituer le bâti. Après avoir réalisé l’étanchéité, on fixe en partie basse le nez d’appui qui permettra l’écoulement de l’eau.

Les montants et traverses des ouvrants subissent un usinage spécifique tenon-mortaise qui permet de réaliser un assemblage à double enfourchement pour constituer les ouvrants.

Technique d’assemblage traditionnel, le double enfourchement est beaucoup plus solide que l’assemblage mécanique. Il permet de supporter le poids du double vitrage et évite aux ouvrants de s’affaisser au fil du temps.

Une fois les cadres ouvrants assemblés, ces derniers sont calibrés (usinés par l’extérieur) pour pouvoir par la suite s’intégrer au dormant. Puis on fixe les accessoires sur les ouvrants (battement à l’intérieur pour les fenêtres à frappe et jet d’eau à l’extérieur pour permettre l’écoulement de l’eau).

Dormants et ouvrants sont ensuite envoyés à la finitionétape durant laquelle nous allons procéder au traitement et à la protection de la menuiserie avant d’appliquer la finition peinture, lasure ou huilée désirée. 

Le premier traitement est appliqué au flow coat par aspersion : le traitement IFH (insecticide – fongicide – hydrofuge).

Après un temps de séchage, on applique un second produit appelé fond dur : il permet de protéger la menuiserie et de bloquer les remontées de tanin pouvant se produire sur le chêne.

Ensuite, chaque menuiserie est egrenée à la main : en effet, les produits à base aqueuse précédemment appliqués relèvent la fibre du bois et rendent la menuiserie rugueuse. Pour obtenir une finition lisse et irréprochable, l’égrenage est une étape essentielle de la finition. 

Par la suite, les dormants et les ouvrants sont envoyés au robot peinture pour l’application de la dernière couche de finition. Le robot permet d’appliquer la peinture de façon uniforme, sans coulure ni bavure et représente l’équivalent de 3 couches de peinture appliquées au pinceau.

Après un passage de quelques heures dans un tunnel de séchage, les ouvrants et les dormants sont envoyés à la mise en bois où on réalise :

La pose du double vitrage sur les ouvrants : après avoir placé un joint kiso en fond de feuillure de l’ouvrant, on dépose le vitrage puis on réalise l’étanchéité. Enfin on cloue des parcloses pour le fixer définitivement.

La pose des petits bois : une fois le vitrage posé, on colle les éventuels petits bois

La pose de la quincaillerie : fiches, crémones, espagnolette ou crémone encastrée selon la gamme choisie

L’engondage : on assemble les ouvrants avec le dormant et on procède au réglage pour vérifier le bon fonctionnement de la menuiserie

Après un dernier contrôle qualité, la menuiserie est soigneusement emballée pour ensuite être livrée chez votre installateur.